Le guide national du parachutisme en France

Fiche encyclopédique · Parachutisme militaire

2e régiment étranger de parachutistes

Unique unité parachutiste de la Légion étrangère, le 2e REP est stationné au camp Raffalli, dans la baie de Calvi (Haute-Corse), depuis 1967. Il appartient à la 11e brigade parachutiste, la brigade de l’armée de Terre spécialisée dans l’engagement par la troisième dimension.

Insigne du 2e régiment étranger de parachutistes, publié par le ministère des Armées

Une unité de la Légion étrangère

Appellation courte : 2e REP

  • Armée : Armée de Terre — Légion étrangère
  • Rattachement : L’un des quatre régiments d’infanterie de la 11e brigade parachutiste
  • Garnison : Camp Raffalli, baie de Calvi (Haute-Corse), depuis 1967
  • Filiation : Créé en 1948 à Sétif (Algérie) sous le nom de 2e bataillon étranger de parachutistes
  • Type d’unité : Infanterie légère parachutiste, spécialisée dans l’intervention aéroportée d’urgence
  • Effectif : 1 400 cadres et légionnaires, chiffre indiqué par le ministère des Armées en août 2026
  • Devise : More Majorum — « à la manière de nos anciens »

Intervenir par la troisième dimension

Le ministère des Armées décrit le 2e REP comme l’unique unité parachutiste de la Légion étrangère, engagée « en urgence, dans tous les milieux ». La Légion étrangère précise son mode d’action : infanterie légère, dont l’intervention aéroportée dans l’urgence est le mode d’action privilégié, par posé d’assaut comme par aérolargage.

Sa place dans l’armée de Terre

Le régiment appartient à la 11e brigade parachutiste, brigade interarmes des forces terrestres spécialisée dans l’engagement par la troisième dimension : aérolargage, aéroportage et largage de matériel. Le ministère le présente comme l’un des quatre régiments d’infanterie de cette brigade, aux côtés du 1er RCP, du 3e RPIMa et du 8e RPIMa.

Il figure parmi les unités susceptibles d’être déployées au titre de l’échelon national d’urgence des troupes aéroportées, dispositif d’alerte désigné par le ministère sous le nom de Guépard.

D’un bataillon d’Indochine à un régiment corse

La filiation du régiment tient en quelques jalons publiés par le ministère des Armées et par la Légion étrangère. Elle explique deux choses : pourquoi cette unité est corse, et pourquoi elle est la seule de son genre au sein de la Légion.

  1. 1948 — Création à Sétif, en Algérie, du 2e bataillon étranger de parachutistes (2e BEP), engagé en Indochine dès sa création.
  2. 1954 — Le bataillon est dissous après la bataille de Diên Biên Phu, puis recréé la même année avec des légionnaires du 3e BEP.
  3. 1955 — Il devient le 2e régiment étranger de parachutistes et hérite à cette occasion de sa devise, More Majorum.
  4. 1955-1962 — Le régiment participe aux opérations en Algérie.
  5. 1967 — Après son départ d’Algérie, il s’installe définitivement dans la baie de Calvi, en Haute-Corse.
  6. Depuis 1969 — Le ministère décrit un déploiement sans interruption : Afrique, ex-Yougoslavie, Moyen-Orient (Liban et Irak) et Asie (Afghanistan).
  7. 2013 — Engagement dans l’opération Serval au Mali, de janvier à avril, en constituant le bataillon parachutiste : saut de nuit opérationnel sur Tombouctou, prise de Tessalit, puis opérations dans l’Adrar des Ifoghas.

Comment le régiment est articulé

Le ministère des Armées publie l’articulation du régiment :

  • la compagnie de commandement et de logistique ;
  • les quatre compagnies de combat spécialisées ;
  • la compagnie d’appui ;
  • la compagnie de maintenance régimentaire ;
  • la compagnie de réserve opérationnelle, dite 6e compagnie.

Des compagnies de combat spécialisées

La particularité du régiment est que chacune de ses quatre compagnies de combat est spécialisée dans un domaine d’emploi depuis 1962. Les domaines nommés par le ministère des Armées sont le combat en zone urbaine, le combat en montagne, le combat en milieu nautique, la démolition et le combat sur les arrières, avec ses tireurs d’élite.

Les sources officielles consultées ne rattachent pas ces domaines à une compagnie précise, et la Légion étrangère indique que ces spécialités ont évolué avec le temps, le principe restant le même : chaque compagnie est pilote dans son domaine et en fait profiter le reste du régiment. Cette page ne fige donc aucune correspondance entre une compagnie et un domaine.

Une seule exception, parce que le ministère la nomme lui-même : la 3e compagnie, spécialisée dans le combat en milieu nautique, comprend un groupe de plongeurs de l’armée de Terre. La compagnie d’appui, de son côté, comprend une section de commandos parachutistes.

Se former, se spécialiser

Le brevet de parachutiste militaire n’est pas délivré par le régiment. Il relève de l’École des troupes aéroportées de Pau, elle aussi rattachée à la 11e brigade parachutiste, qui forme les parachutistes des trois armées et de la gendarmerie. C’est également elle qui délivre les qualifications de largueur, de chef largueur et de chuteur opérationnel — le saut à grande hauteur et à très grande hauteur.

Un entraînement adossé au terrain corse

Le régiment dispose de ses propres installations de saut à proximité du camp Raffalli, d’un centre d’instruction nautique installé en face du camp, d’un chalet en montagne au col du Vergio, ainsi que de plusieurs champs de tir et villages de combat. Cette implantation explique la cohabitation, sur une même garnison, de spécialités aussi différentes que la montagne et le milieu nautique.

Pour comprendre comment on rejoint ce régiment, lisez le guide Devenir parachutiste dans la Légion étrangère : le parcours vers le 2e REP.

Devise, insigne et drapeau

La devise du régiment, More Majorum, se traduit « à la manière de nos anciens ». Le ministère des Armées indique qu’elle a été héritée en 1955, lorsque le bataillon est devenu régiment, et qu’elle exprime la volonté de rester digne de son passé.

L’insigne reproduit plus haut est l’insigne officiel publié par le ministère des Armées. Il est reproduit tel qu’il est diffusé, sans retouche ni recadrage.

Le drapeau

Le ministère décrit un drapeau décoré de la Croix de guerre des théâtres d’opérations extérieurs avec six palmes, obtenue lors des combats d’Indochine, et de la Croix de la Valeur militaire avec six palmes et une étoile d’argent. Ces citations ouvrent droit au port de fourragères. Le drapeau porte trois inscriptions : « Camerone 1863 », « Indochine 1949-1954 » et « AFN 1952-1962 ».

Ce que le parachutisme représente ici

Dans une unité comme le 2e REP, le parachutisme n’est pas une discipline sportive : c’est un moyen de mise en place. Trois choses distinctes se confondent souvent dans le langage courant, et il est utile de les séparer.

La qualification

Elle est individuelle et s’obtient en école, pas au régiment. C’est le brevet de parachutiste militaire, complété par des qualifications de spécialité pour ceux qui sautent à grande hauteur ou qui larguent.

L’entraînement

Il est collectif et continu. Il explique que le régiment dispose de ses propres installations de saut et d’un centre d’instruction nautique : la capacité doit être entretenue, pas seulement acquise.

L’emploi

C’est l’usage opérationnel du parachute. La Légion étrangère le résume par le posé d’assaut et la réversibilité par aérolargage. Le ministère en donne des exemples datés : un saut de nuit opérationnel sur Tombouctou pendant l’opération Serval en 2013, la capacité de la compagnie spécialisée dans le milieu nautique à sauter directement dans l’eau, ou des infiltrations sous voile sur plusieurs dizaines de kilomètres pour la section de commandos parachutistes.

Rien de tout cela ne se pratique dans une structure civile : pour sauter en parachute comme civil, les zones de saut et les structures qui y sont installées sont présentées dans Où sauter ?.

Ailleurs sur le site

Sources