Fiche encyclopédique · Parachutisme militaire
8e régiment parachutiste d’infanterie de marine
À Castres, le 8e RPIMa fait partie des quatre régiments d’infanterie de la 11e brigade parachutiste. Créé à Hanoï en 1951, il permet aussi de distinguer une idée reçue : une unité aéroportée peut arriver par les airs sans que le saut soit le seul moyen employé.
Dans cette page

Le régiment des « voleurs de poules »
Appellation courte : 8e RPIMa
- Armée : Armée de Terre — troupes de marine
- Rattachement : 11e brigade parachutiste, 3e division
- Garnison : Castres (Tarn), depuis 1963
- Filiation : Créé le 28 février 1951 à Hanoï, disparu à Diên Biên Phû en 1954, recréé en 1956
- Effectif : 1 200 hommes et femmes, chiffre indiqué par le ministère des Armées en août 2026
- Devise : « Volontaire ! »
Conquérir puis contrôler
Le 8e RPIMa a pour vocation l’engagement opérationnel, éventuellement par la troisième dimension. Le ministère nomme trois modes d’action : le saut, le posé d’assaut et l’héliportage. Ils lui permettent d’intervenir sur court préavis, en tout temps et en tous lieux, y compris sur les arrières de l’ennemi.
Le régiment est rompu au combat à pied : ses effectifs, ses équipements et ses modes d’action lui permettent de conquérir puis de contrôler le terrain. Il est aussi un régiment de prévention et de gestion des crises, avec une expérience des missions de restauration ou de maintien de la paix, et il est régulièrement engagé dans la formation d’armées partenaires, comme en Irak ou en Côte d’Ivoire durant l’été 2018.
Deux objectifs opérationnels
Le ministère les énonce ainsi : entretenir la capacité à mettre en œuvre un groupement d’environ 450 hommes de type « Guépard 05 », capable à la fois des actions rustiques de l’infanterie parachutiste et des missions de l’infanterie motorisée ; et entretenir la capacité aéromobile, alternative au saut pour la mise en place par la troisième dimension.
Né à Hanoï, installé dans le Tarn
Le régiment est né en Indochine et y a disparu, avant de renaître deux ans plus tard. Son surnom, lui, date de cette première période.
- 1951 — Création le 28 février à Hanoï, en Indochine.
- 1954 — Après de nombreux combats, le régiment disparaît à Diên Biên Phû.
- 1956 — Recréé, il participe à toute la guerre d’Algérie.
- 1963 — Il s’installe à Castres, dans le Tarn.
- 1970 — Professionnalisation du régiment, qui intervient dès lors partout dans le monde.
- 1997 — Castres devient marraine du régiment, qui porte depuis les armes de la ville sur sa tenue de cérémonie.
- 2008-2015 — Engagements en Afghanistan en 2008, en Centrafrique en 2013, puis au Sahel en 2015.
Huit compagnies, 1 200 militaires
Le ministère des Armées publie la composition du régiment, qui compte 1 200 hommes et femmes articulés en huit compagnies :
- une compagnie de commandement et de logistique ;
- quatre compagnies de combat ;
- une compagnie d’appui ;
- une compagnie d’instruction ;
- une compagnie de réserve opérationnelle.
Dix mois pour devenir parachutiste
La fiche officielle du régiment détaille un parcours de formation en trois phases, et c’est l’une des descriptions les plus précises publiées par l’armée de Terre sur le sujet :
- seize semaines au centre de formation initiale des militaires du rang, pour acquérir les actes élémentaires du combattant ;
- deux semaines à l’École des troupes aéroportées de Pau, pour obtenir le brevet parachutiste militaire ;
- dix-neuf semaines de formation technique de spécialité au régiment — tireur de précision, pilote d’engins blindés, opérateur radio.
Soit environ dix mois au total pour devenir parachutiste d’infanterie de marine.
Un surnom venu d’Indochine
Le 8e RPIMa est le régiment des « voleurs de poules ». Le ministère des Armées explique l’origine du surnom : il a été gagné en Indochine, où les unités du régiment, qui comptaient de très nombreux Indochinois dans leurs rangs, avaient l’habitude de se « ravitailler » sur le terrain.
Sa devise est « Volontaire ! ». Depuis 1997, le régiment porte les armes de Castres, sa ville marraine, sur sa tenue de cérémonie.
Le saut, et son alternative
La fiche officielle du 8e RPIMa dit une chose que l’on lit rarement aussi clairement : le régiment entretient « la capacité aéromobile, alternative au saut pour la mise en place par la troisième dimension ». Autrement dit, arriver par les airs ne veut pas dire sauter ; l’hélicoptère et le posé d’assaut remplissent souvent le même rôle.
Le brevet parachutiste militaire reste toutefois un passage obligé de la formation initiale, et il s’obtient à Pau, en deux semaines, comme pour toutes les unités aéroportées françaises.
Ailleurs sur le site
Sources
- Faits vérifiés le 29 août 2026. Insigne officiel publié par le ministère des Armées, réutilisé sous licence etalab-2.0.
- ministère des Armées
