Voiles et équipement
Premier équipement : ce que contient un ensemble parachute, neuf ou d’occasion
Pour évaluer un premier ensemble, vérifiez d’abord ses cinq éléments : sac-harnais, principale, secours, déclencheur de sécurité et altimètre. En France, ce socle ne se négocie pas ; la surface de voile et l’esthétique viennent seulement après.
Dans cette page
Les cinq éléments imposés en France
Le Code du sport interdit tout saut si le parachutiste n’est pas équipé d’un sac-harnais, d’une voilure principale, d’une voilure de secours et d’un déclencheur de sécurité. Le sac-harnais est la sellette qui se porte sur le dos et loge les deux voilures ; le déclencheur de sécurité est l’appareil qui commande l’ouverture du secours si elle n’a pas eu lieu à la hauteur prévue.
Le même texte précise que le déclencheur doit être activé et relié au parachute de secours, et cela pour tous les types de sauts. L’emport d’un altimètre, l’instrument qui indique la hauteur restante, est obligatoire lui aussi. Le passager d’un saut en tandem fait exception : il porte un harnais passager conçu pour cette activité, et l’ensemble parachute est celui du moniteur.
Pour les sauts de débutant, la forme des composants est également fixée : sac-harnais de type « tout dans le dos », voilure principale libérable et de type « aile », voilure de secours de type « aile ».
Deux réglementations, deux questions distinctes
Le parachute relève de l’aviation civile pour son approbation, et du Code du sport pour son emport. L’arrêté du 4 avril 1990 exige que l’ensemble sac-harnais, voilure de secours et équipements annexes de secours soit doté d’un document d’approbation — une qualification aviation civile ou une autorisation équivalente délivrée dans l’Union européenne.
Le même arrêté impose un livret parachute, le carnet propre à l’ensemble sur lequel est portée chaque opération de pliage, avec le nom de la personne qui l’a effectuée et l’organisme attestant sa compétence. Ce livret suit l’équipement, y compris lors d’une revente.
Le Code du sport ajoute la périodicité : le parachute de secours est plié au minimum une fois par an. Ce pliage et cette maintenance reviennent à un titulaire d’un diplôme, d’un titre à finalité professionnelle ou d’un certificat de qualification inscrit au répertoire national des certifications professionnelles, ou reconnu par la fédération délégataire.
La compatibilité s’atteste, elle ne se déduit pas d’un tableau
La question de la compatibilité porte sur le couple sac-harnais et voilure de secours. Le principe posé par l’arrêté de 1990 est celui d’une approbation de l’ensemble, et non de deux approbations séparées.
Une dérogation de la direction de la sécurité de l’aviation civile, publiée en juillet 2021, ouvre une seconde voie pour les sauts effectués au-dessus du territoire français. Elle demande deux conditions réunies : que le sac-harnais et la voilure de secours disposent chacun de leur propre document d’approbation, et qu’une personne autorisée à réaliser les opérations de pliage ait attesté leur compatibilité sur le livret parachute, à partir des données du constructeur.
La décision revient donc à cette personne qualifiée, et elle laisse une trace écrite. Un tableau de tailles publié par un fabricant est l’une des données qu’elle consulte ; il ne remplace ni son examen ni la mention portée au livret. Un tableau ancien, trouvé en ligne, ne tranche rien.
D’occasion : l’identité et l’historique de chaque composant
Un ensemble d’occasion réunit souvent des composants d’âges et d’origines différents. Demandez au vendeur les modèles exacts, les numéros de série et les dates de fabrication du sac-harnais, de la voilure principale, de la voilure de secours et du déclencheur de sécurité.
Demandez également le livret parachute et ce qu’il porte : dates de pliage du secours, nom des personnes intervenues, interventions et réparations. Un ensemble sans livret exploitable est un ensemble dont l’historique n’est pas établi.
Les déclencheurs de sécurité ont une durée de vie et des échéances de maintenance fixées par leur constructeur, différentes d’un modèle à l’autre. Faites-les vérifier plutôt que de les estimer d’après l’aspect de l’appareil.
Certains matériels font l’objet de consignes de navigabilité ou de consignes de sécurité publiées en France, qui peuvent restreindre l’emploi d’un modèle ou d’une taille. La fédération les publie ; leur existence se vérifie avant l’achat, pas après.
Ce que l’achat ne décide pas
Le choix d’une surface de voilure et l’adaptation d’un harnais à une morphologie relèvent de l’encadrement et des professionnels qualifiés, pas d’une annonce. Parlez de votre progression avec votre école avant de fixer une configuration.
Faites examiner l’état réel du matériel et sa compatibilité par une personne habilitée au pliage, avant tout engagement financier. Convenez par écrit de ce qui se passe si l’équipement ne correspond pas à ce qui a été annoncé.
Trois questions restent distinctes et ne se résolvent pas ensemble : la compatibilité technique des composants, l’état réel de chacun, et l’adéquation de l’ensemble à votre niveau du moment.
Sources
- Code du sport, article A322-158 — équipement obligatoire et pliage du parachute de secours
- Code du sport, article A322-157 — altimètre, casque et équipements annexes
- Arrêté du 4 avril 1990 relatif à l’utilisation des parachutes — document d’approbation et livret parachute
- DSAC/NO/NAV 21-137 — dérogation sur la compatibilité entre sac-harnais et voilure de secours
- Fédération française de parachutisme — réglementation des parachutes et consignes applicables
